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| Auteur : | Sujet: comme un petit goût de nostalgie. | Bas |
| Rahal Aberkane Messages postés : 164 ![]() |
« don’t be afraid, angel, I’m here now » “Le Seigneur des Ténèbres n’accepte pas de traîtres à son service, Aberkane” Un éclair de lumière verte, le corps encore chaud de vie de Renzo qui tombe comme une poupée de chiffon à ses côtés. Des jambes solides qui le portent encore, quand son cœur dégringole jusqu’à ses pieds, pour s’enfoncer dans la boue. La violence des hommes l’emporte sur l’amour du monde, des yeux d’enfant qui ont déjà trop vu la mort… et si peu de larmes de joie. Ses souvenirs s’alignaient comme des petits soldats sur une photo usée de noir et blanc, pendant que ses chaussures de cuir noir à bouts renforcés résonnaient sur les pierres de l’escalier qui menait jusqu’à la tour d’astronomie du château. Etait-ce normal que de ressentir l’impression qu’à dix sept ans, on en avait déjà trop fait ? De songer à sa retraite ? Il se sentait vieilli avant l’âge. Ses mains portaient les cicatrices de ses combats, son cœur ruisselait des plaies sanglantes de ses pertes. Et l’amour ? L’amour des jeunes hommes de son âge, insouciants et maîtres d’un avenir qu’ils ignorent encore… n’était pas au rendez vous. Les femmes des gospels chantaient à la lune pour les orphelins, et les étoiles étaient ses seules courtisanes. Il y avait la plus belle étoile du ciel, la perle aux yeux de miel, celle qu’il avait quitté dans le secret pour ne pas la mêler à ses déboires. Rahal sans parents, sans passé, un futur dans l’ombre, n’avait rien à faire avec une petite étudiante aux parents riches et aimants. C’était la belle et le voleur, l’étoile et le ver de terre. Hélas, la lune ne se laisse approcher par les hommes qu’en rêve, en conte. En vérité, un homme qui veut épouser la lune est un idiot, un fou, sa quête est insensée. Rahal possédait un bon sens qui lui donnait facilement ses dix années de plus. Il paraissait comme un élément du décor au milieu de tous ces élèves de son âge. Comme un grand frère qui serait venu ici pour chercher un petit garçon, un professeur tout juste sortit des études. Sa chevelure noire de jais durcissait ses traits qui n’étaient pas ceux d’un anglais par sa couleur si sombre, mais sa peau mate et la brillance de son regard rendaient la paisible douceur à son visage de Serbe. Il s’était rasé de près avant de revenir à Poudlard, il entendait encore la voix étranglée et inquiétée de Minerva McGonagall lui dire « Il n’est pas prudent pour nous tous que vous reveniez ainsi à Poudlard, Aberkane, si vous avez effectivement des… relations –comme vous les appelez- avec un…certain côté des forces obscures, nous ne devrions pas prendre le risque de vous admettre parmi nous… ». L’amour pour les études avait emporté la partie. Que répondre à un petit garçon de dix sept ans qui revenait avec sa valise et son uniforme, vous informant qu’il avait vu ses amis se faire tuer à ses côtés, qu’il avait jeté un sortilège interdit la veille de votre entretient, et qui ne désirait qu’une seule chose entre deux meurtres : la chaleur maternelle d’une salle commune ?... Regarder le ciel dès son arrivée à Poudlard était devenu son rêve, son obsession, sa priorité. Il avait vécu tellement de traumatismes en six mois de mission pour le Seigneur des Ténèbres qu’il en avait oublié malgré lui Alexia Khez. Il se doutait bien, sans orgueil aucun, que quant à elle, elle ne l’avait pas oublié. Il se souvenait de son regard miel perdu dans la dureté étincelante du sien, de leur douce étreinte près du lac, il se souvenait par frissons d’avoir délicatement enlacé ses doigts masculins entre la soie de sa main. La douceur de ses lèvres rondes, la fraîcheur de sa langue… Tout ça allait devoir rester des souvenirs dans sa mémoire, des frissons d’un soir solitaire, des sensations du passé. Il n’avait pas envie d’infliger sa présence à Alexia, il était maudit, sale, impur, souillé. Il avait bien remarqué le regard inquiet que lui avait jeté Severus Rogue à son arrivée dans la grande salle, il y avait de cela une demie heure. Un regard qui en disait long, un regard qui lisait en lui la force et la puissance montante d’une jeunesse trépidante et dangereuse. Ce Rogue qui jouait un double jeu, ça se voyait comme de l’eau de roche, et Voldemort qui continuait à se croire informé au premier degré. Les regards suppliants que Rogue jetait à Albus Dumbledore… Il fallait avoir la vivacité et l’intelligence d’un Serbe pour comprendre ces choses là. Son pied se posa sur la dernière marche, les étoiles se reflétant déjà sur le cuir de sa chaussure, dans ce début de nuit qui sentait encore la chaleur pesante de cet après midi. Il s’arrêta, posa son regard sur le rebord de cet immense balcon de pierre. Un coup de vent vint faire onduler ses cheveux ainsi que sa cape, et lui mettre à la narine l’odeur de ses cheveux – une douce odeur de pins, de fraîcheur – et de sa cape, emprunte du parfum qu’il avait balancé sur son torse. Il avait envie d’entendre de la musique. Cela faisait tellement longtemps… Une note de piano pour illustrer le ciel… Il s’avança lentement, comme dans un film, et alla appuyer ses deux mains contre le rebord de la tour, ses yeux dominant la forêt toute entière, si épaisse qu’elle ne formait qu’une vaste rondelle de touffe verte, le ciel dégagé et étoilé, chaud comme le lait d’une mère, il s’y noyait. Il entendit, venant de sa gauche, un léger tapotement contre la pierre. Plus loin, à deux ou trois mètres de lui sur cette immense coupole, la seule fille au monde qu’il aurait aimé éviter… et croiser à tout prix. Son étoile était là, ses longs cheveux brillants collés à son crâne comme le halo d’une sainte, son regard qui attendait tant de choses, tant de monde, perdu dans l’horizon. Un soupir qui soulevait sa poitrine, les mains de Rahal se crispèrent contre la pierre sous ses paumes. Il était partagé entre l’envie de s’en aller doucement, comme un voleur, et celle de se glisser tout près d’elle, son nez frôlant la peau de son cou de cygne… Ses pas semblèrent décider pour son cerveau. Il se dégagea et marcha lentement vers elle, avec la discrétion de chat qui lui était si familière et… si propre. Il arriva derrière la jeune femme sans qu’elle ne s’aperçoive de rien. Sa silhouette fine, un coup de vent qui vint fouetter sa joue de ses cheveux bruns, son parfum de beauté naturelle, il n’en pouvais plus, il leva son bras droit et fit glisser sa main le long du bras d’Alexia Khez, de son poignet à son épaule. En un sursaut, la jeune fille se retourna face à lui et le regarda comme si elle le voyait pour la première fois. Son regard de braise se posa contre le sien avec douceur, sans l’appuyer du regard, sans l’enserrer, sans l’étouffer. La douceur de la contemplation. Il la regardait comme une œuvre d’art. Un très mince sourire se dessina au coin de ses lèvres. Elle l’attendait, sans aucun doute. Elle l’attendait autant qu’il l’espérait. --Message edité par Rahal Aberkane le 2008-08-13 04:21:40-- | |||
| « La fin d'un début La naissance d'un paradis perdu » |
| Alexia Khez Messages postés : 248 ![]() |
« Non, je ne veux pas. Vous aurez beau utiliser tous les moyens possibles et imaginables, je ne vous suivrai jamais dans votre esclavagisme, s’était-elle écriée en croisant les bras. J’ai d’autres ambitions, moi, mais ça, vous n’y avez jamais pensé. Tout ce qui vous importe, c’est Lui, et personne d’autre. Vivre une vie de servitude, je m’excuse, mais ce n’est pas pour moi. » Ses yeux dorés lançaient à présent des éclairs en direction de ses parents. La famille Khez. Richissime lignée de sang-purs grecs, ils étaient connus à travers toute la Méditerranée. Ils étaient respectés, avaient du pouvoir. Que demander de plus ? Ce que par contre presque toute la communauté sorcière ignorait était que cette famille si influente était en fait de fidèles adhérents aux idées du Lord Noir. Adhérents mais pas mangemorts. Et c’étaient eux, ses parents qui n’osaient même pas assumer jusqu’au bout leur conviction, qui ordonnaient à Alexia de se joindre au Mage ???! Jamais, de son vivant, elle ne le rejoindrait. Et ce, pour aucune raison. Mais ça, c’est-ce qu’elle pensait. Le paysage de Poudlard s’était déroulé devant elle, en tout simplicité, mais aussi dans toute sa splendeur. La vie s'exprimait ce soir-là de toute sa beauté. Les rires, le vent sur sa peau, le parfum musqué de la Nature. Mais Alexia continuait de ressasser ses pensées, se plongeant presque avec délice dans un océan de nostalgie. Et entre tous les visages -Mark, Jessica, Luan- c'était celui de Rahal Aberkane qui apparaissait devant ses yeux. Ses yeux si sombres emplis d'une douceur lorsqu'ils glissaient doucement dans ceux d'ambre de la jeune fille; ses cheveux d'un noir corbeau où elle aimait faire jouer ses doigts. En fermant les yeux, elle pouvait presque sentir la soie noire courir entre ses mains délicates. Sa peau d'un teint olive, qui exprimait tout le mystère qui se dégageait de ce Serpentard qui lui était si cher; la sensation qu'elle éprouvait lorsqu'elle se blottissait contre lui, une main sur son torse : son visage venait alors se loger dans le creux du cou du jeune homme. Elle ne le dirait jamais, mais c'était là qu'elle se sentait le mieux. Logée contre son corps sculptural, respirant son odeur si particulière -un mélange de citronnier à quelquechose de plus grave, comme de la terre- elle avait l'impression qu'il ne pourrait rien lui arriver. Ses parents disparaissaient de ses pensées, avec leurs idées de conversion pour leur seule et unique fille. Leurs paroles blessantes et sèches laissaient place à la voix chaude et douce de Rahal. Seul lui avait la capacité de la calmer avec un simple murmure. Cette voix... ! Bien des jours, elle avait l'impression de l'entendre à ses côtés, comme un chuchotement bien placé. Mais c'étaient de simples... hallucinations. Etait-ce bon de s'être attaché à quelqu'un au point de l'entendre et de croire le voir à chaque coin de couloir ? Elle soupira; non, ce n'était pas bon. Rahal apparemment était parti pour une raison qu'elle ignorait. Elle devait se faire à l'idée maintenant, et peut-être faire comme tous les autres : penser sérieusement à ses ASPICS en se demandant avec anxiété sur quel chapitre ils allaient tomber en Histoire de la Magie. Alexia arrêta ses tapotement contre le muret, abandonna sa main sur la rambarde. Elle regarda une dernière fois les paillettes dorées du lac. Le soleil effleurait sa surface comme un chat qui jouerait avec une pelote de laine. Par petite touche, il donnait aux environs une couleur dorée. La plus simple ds pierres prenait alors des aspects de pépites d'or. Poussant un soupir, elle ferma la yeux. Elle sentit alors une caresse fraîche contre son poignet, et qui montait doucement vers son coude. Elle frissonna légèrement. Voilà l'une de ses sempiternelles hallucinations qui reprenaient, avec plus de force que jamais. Rahal ne reviendra pas, c'était ainsi et elle devra s'y habituer. Mais la caresse, malgré tout, n'était pas comparable à tout ce qu'elle avait imaginé. Elle s'était maintenant attardée sur son épaule. Dans un sursaut, elle se retourna vivement, faisant voler ses cheveux bruns autour de son visage. Et ce qu'elle vit la cloua sur place. Non, ce n'était pas possible. Et pourtant... celui qui l'avait hantée jour et nuit ces derniers mois, celui dont elle entendait le murmure, celui dont elle voyait les yeux remplis d'une intelligence calme et réfléchie... Celui-la se tenait en face d'elle. Sans qu'elle n'y réfléchisse, un très mince sourire se dessina sur ses lèvres rosées. Là, ses yeux dorés grand ouvert, elle le regardait. Lui qui lui avait tant manqué. Son nez droit, sa bouche bien dessinée, le contour de son visage, ses cheveux aussi noirs que dans ses souvenirs. Seuls ses yeux semblaient différents. Toujours aussi doux, ce regard qui avait la curieuse capacité de faire perdre tous les moyens de la jeune Grecque et de se retrouver muette de stupéfaction devant ce grand Serpentard. Mais ses yeux semblaient plus graves qu'au début de l'année. Comme s'ils avaient vu bien plus d'horreur qu'il n'aurait jamais dû voir. Instinctivement, Alexia amena doucement sa main droite sur le visage du jeune homme. Visage qu'elle connaissait tellement bien pour l'avoir vu et revu tous les soirs dans les moindres détails. Mais visage qui lui semblait tout de même, inexplicablement changé. Ses doigts se promenaient avec agilité sur la joue chaude et douce du Serbe, et allèrent se perdre dans la masse de ses cheveux noirs. Elle avait tellement attendu ce moment ! Celui des moments simples, ou juste un regard et un sourire avec Rahal lui suffirait pour qu'elle se sente mieux. Et c'était maintenant chose faite. Mais à ce moment-là, c'était un mélange de plein de sentiments qui la prenaient au dépourvu. Il était parti sans rien dire. Elle devrait lui en vouloir, de l'avoir laissée là, dans l'ignorance la plus totale. Son regard miel se voila un instant, se demandant si ce qu'elle faisait là était la meilleure des choses à faire. Personne ne pardonnerait une attitude de ce genre là, surtout pas les personnes qui avaient un amour propre aussi ancré qu'Alexia. Or, le retrouver là, devant elle, lui faisait instantanément oublier cette rancune; replonger dans ce regard noir avait toujours cette étrange capacité de la tranquiliser dès l'instant où ses yeux d'ambre se posaient dessus. Aussi vite qu'était apparu son doute, elle laissa place de nouveau, au fond de ses prunelles, à une tendresse qu'elle ne dévoilait qu'à ses amis les plus proches, et bien sûr Rahal. Tu es enfin revenu... ! Un petit sourire s'afficha de nouveau sur son visage. On pouvait cependant percevoir dans sa voix une pointe d'inquiétude quant à l'endroit où le jeune homme avait pu disparaître. Elle ne pouvait plus le lâcher du regard, comme si elle avait peur qu'il parte à nouveau dans la seconde qui suivait. Sans même s'en rendre compte, sa main gauche alla doucement à la rencontre de celle du jeune homme. Toucher encore cette peau masculine, le sentir tout près d'elle, comme si elle ne voulait plus jamais la quitter. | |||
| « oh, instincts are misleading » S L Y T H E R Y N |
| Rahal Aberkane Messages postés : 164 ![]() |
. En haut d’une bute d’herbe verte, une cuve immense s’étalait en dessous de ses yeux haut perchés. La sensation d’être un aigle. Des arbres par centaine, dont les branchages se tortillaient vers le ciel sans ordre ni discipline, paysage sauvage et émeraude, la Serbie dansait comme une vagabonde dans sa robe de soie. Les violons des vieillards envoyaient leurs décharges entre les racines des arbres, leur musique faisant trembler la terre jusqu’à en ébranler le vent. Les Serbes et leurs cheveux noirs, lustrés par la fraîcheur solennelle de leur pays, leurs mains veinées et olives, leurs iris noirs et puissants comme de la roche, défilaient dans son esprit comme une ribambelle, des dessins de gosse, musiques d’enfance. C’était comme si son cœur s’était arrêté de battre. Ses racines, son pays, étaient enveloppés dans ses souvenirs et recouverts de poussière par le vent froid et sec de l’Ecosse, par la pluie battante de l’Angleterre, comme la fierté d’une femme qu’on a blessée. L’orphelin Rahal, fils de princes de Serbie, n’avait pas valsé depuis des siècles au milieu de la cour d’arbres éclatant de grâce de son pays. Il guidait sa vie comme un voleur, comme les vagabonds savent marchander leur bout de pain, il mettait ses capacités à la disposition du meilleur acheteur, et non pas à la noblesse de cœur. Le coupable ne défend pas les innocents. Il était partagé entre l’envie d’être seul, son âme tailladée de milles douleurs lui réclamait la douce solitude des rêveurs, mais la peau de soie de sa fleur, la chaleur veloutée de son regard de miel, le tout enveloppait son esprit meurtri, il était comme pansé d’un baume réparateur. Il baissa les yeux jusque sur son cou, un carré de peau qui le mettait en sûreté. Elle avait le don de panser ses plaies en un regard, un souffle lent. Alexia se sentait rassurée, Rahal apaisé. « La quiétude que nous éprouvons lorsque nous sommes seuls, cette certitude de nous-mêmes dans la sérénité de la solitude ne sont rien en comparaison du laisser-aller, laisser-venir et laisser-parler qui se vit avec l’autre, en compagnie complice ». Leur silence, l’enlacement de leur respiration, était un bout d’infini. Il sentit son cœur frissonner comme oisillon lorsque sa main fut enlacée par la peau chaude et délicate de sa moitié. Il serra doucement sa main dans la sienne, il se sentit soudainement enfin lui-même, comme s’il avait finalement réparé un objet cassé en deux, recollé un vase ébréché. Comme pour couronner leurs retrouvailles, le vent éclata d’un rire puissant qui les enserra tout deux et les rapprocha l’un contre l’autre. De sa main libre, Rahal vint caresser la nuque d’Alexia, qui avait posé sa joue contre son épaule, légèrement plus haute qu’elle. « Parti sans rien dire ». Ce reproche n’était pas valable à ses yeux, elle faisait bien de ne pas le lui faire remarquer. Il aurait été suicidaire, et même criminel de révéler à quiconque l’objet de son départ. Pour quelqu’un d’aussi censé et sérieux, aussi protecteur et perfectionniste, ce n’aurait pas été envisageable. Il connaissait bien trop parfaitement les moyens mis en œuvre par les camps – adverse ou pas – pour retrouver la trace d’un fuyard, faire parler un silencieux, faire agir un peureux. Ce n’était pas un jeu, pas une animation, une aventure de petit garçon. Il s’agissait de la réalité, de la guerre, du meurtre, d’une violence inimaginable. A dix sept ans, Rahal savait très bien dans quoi lui, Luan, Rahal et Tomas s’était lancés. Les résultats n’étaient pas brillants, dus à leur âge, leur inexpérience. Luan prenait de plus en plus d’assurance dans le pouvoir et basculait dans une magie malsaine qu’ils s’étaient pourtant jurés de tenir à l’écart de leur motivation première, Mark était tiraillé entre un amour d’adolescent et un devoir d’adulte qui devait se faire solitaire, sa vie ne tenait plus qu’à un fil, et pire, il mettait sans pouvoir se contrôler celle de sa petite amie en danger. Tomasso avait été contraint de rentrer se cacher chez son oncle, d’arrêter l’école, tant son incompétence l’avait promis à la potence. Il restait Rahal Aberkane. Son sérieux, sa fidélité et sa sincérité éloignée de tout mensonge, son savoir faire, était un tout qui respirait le Serbe par excellence et qui plaisait à son Employeur. Rahal exécutait des tâches qu’il avait d’abord contrôlées, il ne se jetait pas par fanatisme dans n’importe quelle mission, et il réussissait toujours avec brio. Il mettait de côté sa sensibilité, ses états d’âme. Sa mâchoire se contracta pour éviter à ses dents de claquer lorsqu’un flash lui traversa l’esprit comme un éclair aveuglant. Deux hommes dans la nuit noire géorgienne, enveloppés de capes sombres et de capuchons du même ton. Ils marchaient dans un silence respectueux, quoi que légèrement tendu par la seule présence d’une cabane de bois au milieu de la lande. Le premier homme sortit sa baguette de dessous sa cape et ouvrit la porte de bois à l’aide d’un sortilège alors qu’un léger coup de pied aurait suffit, semblait-il, à ébranler la bicoque toute entière. Le second, légèrement plus petit, entra en premier une fois la porte ouverte. A l’intérieur, un feu dans une cheminée, le visage d’une femme terrifié, un homme avec un fusil à la main, comme s’il avait prévu l’arrivée, puis trois hommes encapuchonnés à un table de bois suffisaient à remplir à craquer la maison. Le plus grand des deux visiteurs qui se place sur le côté, comme s’il laissait le soin au plus petit de s’exprimer. La voix de Rahal Aberkane qui s’exprime alors au milieu du silence des cendres et des hommes, dans un parfait géorgien grave et roulé. « Je cherche Khalvashi. » Il avait levé son regard noir et puissant et observé chaque homme un par un qui se trouvait dans la pièce et le regardaient avec un respect mêlé d’effroi. Son regard se faisant tellement pesant qu’on pouvait presque toucher du doigt la tension qui régnait dans le lieu lorsqu’il s’approcha de l’homme au fusil, qui n’osa pas lui tirer dessus. « Etes vous Khalvashi ? » Sa question, posée sur le ton d’une interrogation-ordre faisant trembloter la tête du bonhomme – pourtant une terreur dans tout le pays – d’un air affirmatif. Le regard d’aigle noir de Rahal Aberkane qui le foudroie sans sciller, puis l’index de sa main gauche levé en direction du mangemort sur le côté, qui brandit sa baguette. Un éclair de lumière verte qui éclaire les visages interdits des ôtes de la pièce. Un homme qui s’effondre à ses pieds. Il lui sembla que c’étaient bien ses pieds qui se tournaient pour faire demi tour. Son regard croisant celui d’un petit garçon, venu d’on ne savait où – très peu probable que la maison s’étende à un étage ou une cave – sans même le voir, puis il sortit au dehors, suivit de près par l’autre mangemort. Une main qui allume une cigarette avant de transplanner. Rahal Aberkane réprima un haut le cœur, ferma les yeux alors qu’un filet de sueur commençait à perler sur son front caché par ses cheveux noirs, et se concentra sur la présence féminine tant appréciée contre son cœur. Il inspira longuement cet air frais qui lui arrivait dessus tout en laissant ses sens se faire dorer sous les caresses d’Alexia Khez. Il reprenait vie. Rahal s’écarta doucement de sa compagne, sa main glissant pour enserrer sa hanche en caressant du pouce la soie de sa cape. Il la regarda de ses yeux noirs en forme d’amandes, frôlant la dorure de ses iris, totalement amoureux de la passion qui s’en dégageait et qui lui était destinée. Il avait souvent envoyé gentiment promener des jeunes filles de Poudlard. Non pas parce qu’elles étaient laides, ou pas assez bien pour lui, il n’en connaissait pratiquement aucune, simplement parce qu’elles étaient trop jeunes. Etrange à dire de la part de quelqu’un qui a dix sept ans, mais Rahal intriguait les filles de l’école par sa maturité, son charme de Serbe, son calme intelligent. Hélas, il n’en était pas de même de l’autre côté du camp. Les jeunes filles de sa fréquentation étaient toutes jolies, gentilles, certaines intelligentes, mais elles restaient à ses yeux de petites adolescentes, des petits cousines, et non pas des femmes avec qui il aurait aimé partager quoi que ce soit de son intimité. Il avait longtemps résisté sans s’en rendre compte à la jeune Alexia Khez, mais elle semblait posséder cette grâce de Grecque, cet esprit intelligent et mature, cette dévotion de femme, qui le passionnait. Il continua à la regarder tendrement, puis, sa main toujours contre sa hanche, il l’attira encore près de lui pour lui murmurer dans l’oreille. Je t’ai manqué ?... La question ne se posait pas, mais il avait envie de la faire jouer. Il comprenait son inquiétude relative à son départ précipité, ses angoisses, il les imaginait. Il savait pertinemment à quel point elle aurait été en droit de lui en vouloir d’être partit comme un voleur, mais il savait encore plus qu’il devait en être ainsi, et pas autrement. Il essayait simplement de ne pas la vexer, de lui faire comprendre, malgré la dureté de Serbe qui foisonnait son cœur, que lui aussi, avait pensé à elle, qu’Alexia Khez lui avait terriblement manqué. | |||
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| Alexia Khez Messages postés : 248 ![]() |
Le soleil de Grande-Bretagne avait laissé place aux rayons drus qui frappaient sur les côtes de la Méditerranée. Une table circulaire en métal travaillé par les gobelins étaient posée sur la grande terrasse de la demeure des Khez. La vue, de là, était splendide. La maison était placée sur une petite hauteur, et dominait la mer d'un bleu foncé. Elle était entourée d'une épaisse végétation; de grands oliviers ployaient sous leurs fruits et les romarins diffusaient leur parfum à des mètres à la ronde. En plus de surplomber cette étendue bleue et verte, elle dominait aussi la ville de Neapolis. De n'importe quelle fenêtre de la bâtisse élégante, les petites maisonnées blanchies à la chaux si typiques de la Grèce, aux toits tuilés rouges s'étendaient à perte de vue. D'un côté du bleu foncé, d'un autre du vert, de l'autre du rouge et du blanc; et en levant la tête aux cieux, du bleu azur auréolé d'une couronne d'or. Paysage idyllique pour famille idyllique ? En apparence seulement. Elea Khez était assise sur une chaise finement forgée, les jambes croisées, une tasse de thé fumante à la main. Son visage exprimait une profonde sérénité, tandis que ses lèvres trempaient à peine dans le liquide brun. Elle était aussi inexpressive qu'un glaçon. Et sous cette chaleur, le fait qu'elle reste aussi stoïque relevait bien d'une prouesse de la nature. Une fois sa non-gorgée finie, elle se mit à lisser calmement sa jupe blanche sur ses jambes toujours aussi belles, malgré l'âge qui commençait à la ronger de part en part. Elle porta son regard noir et froid sur son mari, debout près de la balustrade. Il s'était appuyé sur la pierre blanche et regardait quelques bateaux perdus sur la mer. Ces mouettes de bois qui voguaient sur le ciel océanique attiraient toujours l'œil d'Alek Khez. Il tournait le dos à sa femme et sa fille, Alexia. « Les deux femmes de sa vie », disait-il. Alexia le toisa avec mépris. Il n'y avait qu'une personne dans la vie de son père, et elle n'avait rien de féminin; rien de masculin non plus, et à bien y réfléchir, rien d'humain aussi. Les sujets de conversation de son père se limitaient à l'avancée de la guerre et aux nouvelles des forces obscures. La famille Khez, jolie et riche famille de sorciers grecs, respectés, influents. Et qui admirait le Lord Noir. Tous. Sauf Alexia. Si ses parents s'étaient alliés à Lui, elle n'aurait peut-être rien dit, même si l'idée de rejoindre les rangs des capuchonnés la répugnerait toujours autant. Mais ses parents, confinés dans leur palace méditerranéen, se disaient adeptes de Ses idées alors qu'ils dégustaient calmement quelques loukoums venant du plus grand traiteur sorcier des environs ! Leur poltronnerie faisait honte à Alexia. Alors que des dizaines de personnes se battaient pour leur cause, eux ne bougeait pas le moindre orteil pour leur venir en aide, préférant de loin leur précieux confort superficiel. Ils avaient sans doute trop peur de se faire tuer, ou pire, perdre leur richesse. Par Merlin. Son dégoût profond de ce Mage venait sans doute donc de là; ses parents soutenaient une cause sans pour autant donner un peu de leur chemise pour celle-ci et lui ordonnaient par-dessus le marché, de rejoindre Ses troupes ! Alors qu'eux n'avaient jamais rien fait de leur misérable vie ! Pourquoi elle, L'aurait rejoint ? Obéir, ce n'était pas pour elle. Qu'Il fasse ce qu'il voulait, mais Alexia ne le soutiendra jamais, et cela, c'était une certitude qu'elle s'était ancrée au plus profond d'elle-même. « Je ne veux pas passer mon existence à obéir, à servir, à être dans l'ombre de ce... cette... « personne », simplement parce-que mes parents le veulent pour moi. Alors que ces mêmes parents fuient tout ce qui pourraient les rapprocher un tant soit peu de Lui, cracha la jeune fille d'une voix tremblante de colère. - Tu te contredis; si nous voulons que tu le rejoignes, c'est pour qu'Il voit à quel point nous lui sommes disposés, dit sa mère d'une voix toujours aussi monocorde et glaciale. - Dans ce cas, pourquoi n'iriez vous pas vous même ? Je sais à quel point vous lui êtes admiratifs, toi et Papa. A moins que vous ne soyez tellement matérialistes et ayez si peu de conviction que vous ne - - Maintenant, tais-toi petite sotte ! Tu es jeune, tu ne comprends pas. Ne dis plus jamais ça de nous, gronda la voix grave de son père. Ses doigts s'étaient crispés autour de sa baguette en ébène, tellement fort que ses articulations en étaient blanchies. - Je ne - » Puis la voix de la jeune fille fut coupée par un éclair rouge. Son propre père, la trouvant trop impétueuse, lui avait infligé un Doloris. « Aux grands maux les grands moyens » était une autre de ses expressions préférées. En voilà la triste application. De la balustrade grecque ensoleillée, c'était le retour à celle écossaise. La fine main d'Alexia qui était posée sur le torse de Rahal remonta doucement à son épaule puis vint se coincer derrière la nuque de celui-ci. Elle le serrait plus fort inconsciemment. Ici, loin de la maison familiale, le Serpentard tout près d'elle, elle n'aurait pu demander plus. Ces nombreuses choses qu'on pouvait lire dans les romans à l'eau de rose et dont elle se moquait lui sautaient aux yeux, se moquant gentiment d'elle. Jamais elle n'aurait pu deviner à quel point l'absence d'une seule personne pouvait la faire se sentir si seule, si entourée qu'elle fut. Le sentir contre elle, l'entendre, le respirer, lui semblait si naturel ! Leurs corps s'emboîtaient parfaitement, comme les pièces d'un puzzle longtemps perdu. Sa tête se moulait parfaitement à la courbe du cou de Rahal, ses bras avaient comme été fait pour l'entourer, son buste fait pour se presser contre le cœur du jeune homme. Comme des pièces complémentaires, il était sa moitié comme son tout. Depuis bien des mois maintenant, elle se sentait enfin elle. Les doigts du jeune homme se resserraient naturellement autour de sa main. C'était si simple, si intuitif. Elle aurait pu dire que c'était reposant si son cœur ne cessait pas de battre comme si elle venait de faire le tour du parc trois fois d'affilé. Une bourrasque vint les entourer, jouant un instant avec leur chevelure. Le noir corbeau venait à la rencontre du brun noisette, et ensemble se mêlaient pour chatouiller le visage des deux êtres qui s'étaient enfin retrouvés. La grande main du jeune homme avait remonté le long de sa nuque et semblait lui envoyer des décharges électriques. Aussi tranquille, rassurée et apaisée qu'elle était, son cœur n'était pas de cet avis. Comme après une longue pause, il semblait s'être ranimé douloureusement. Ses doigts se crispèrent autour de la cape de Rahal, comme si resserrer son étreinte lui permettrait de rattraper tout le temps qu'ils n'avaient pas passé ensemble. A chaque inspiration où l'odeur musquée du citron venait jusqu'à ses narines, c'était comme un pas de géant qu'elle faisait pour s'éloigner de ses parents et de leurs projets douteux d'un avenir déjà tout tracé. Presque à contre-cœur, comme si la chose à l'intérieur de sa poitrine criait désespérément rien qu'à l'idée de se séparer de quelques centimètres, elle se retira de son étreinte protective. Ses prunelles de miel vinrent alors se fondre dans ceux aussi tendres que noirs du jeune homme. Si cela avait été un autre que Rahal, elle se serait sans doute dit que toutes les filles devaient l'envier, à l'heure qu'il était. Car cela aurait été le mauvais : elle aurait plus pensé à l'image qu'elle renvoyait, plutôt que ses réels sentiments. Mais là, c'était tout autre chose qui lui venait à l'esprit. Alors que l'or se perdait dans la nuit noire, elle se dit qu'elle avait eu une véritable chance d'avoir rencontré ce jeune homme. Il était tout ce qu'elle était, et tout ce qu'elle n'était pas. Il était tout ce qu'elle admirait et aimait. La Princesse au Petit Pois, si exigeante, avait enfin trouvé son Prince qui avait, inconsciemment et indirectement, assagie et mûrie la jeune femme qu'elle était devenue. Les doigts de sa main droite, comme une brise légère, allèrent de son épaule à son avant bras, alors qu'elle sentait le contact à la fois ferme et tendre du Serpentard la rapprocher à nouveau de son corps sculptural. Son cœur, qui s'était calmé durant ce petit éloignement, se remit à frapper de plus belle. C'était étonnant de voir l'effet bien spécial que procurait le Serbe à la Grecque. Elle pensait qu'avec le temps, elle se serait peut-être lassée de cet être. Mais c'était tout le contraire. Elle avait même l'impression que plus le temps avançait, plus son cœur s'affolait. Alexia sentit alors un souffle tout près de son oreille, puis le murmure d'une voix qu'elle ne connaissait que trop bien pour l'avoir imaginé jour et nuit pendant six longs mois. Le petit oisillon qui s'égosillait au fond de sa poitrine rata un battement, deux; et battit encore plus furieusement de l'aile. Elle avait été en colère ? Elle ne se rappelait même plus. L'oiseau chantait bien trop fort pour qu'elle puisse entendre ses propre pensées. Sa respiration se fit plus courte et elle déposa un baiser sur le cou du Serpentard, aussi léger qu'une caresse de pétale. Pas une seule seconde... Il voulait jouer ? Elle jouerait. Même si tout la contredisait. Mais... tant mieux non ? Tous ses gestes, ses regards, sa voix trahissaient à quel point Rahal Aberkane avait manqué à la demoiselle, et à quel point il comptait pour elle. L'oisillon, comme enfermé dans une cage, menaçait maintenant de forcer les barreaux tellement il volait haut et avec force. --Message edité par Alexia Khez le 2008-08-14 05:41:06-- | |||
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| Rahal Aberkane Messages postés : 164 ![]() |
. Rahal Aberkane était bien loin de se douter des difficultés que pouvait endurer sa tendre compagne retrouvée. Et, si jamais elle lui en avait fait part, il y aurait bien sûr porté une attention des plus extrêmes, mais en ce moment même, la joie était si intense, et en même temps tellement maîtrisée par les deux amants, que rien n’aurait pu gâcher ce moment, lui semblait-il. Il lui semblait retrouver le ciel étoilé de son enfance dans le regard explosif d’Alexia, sentir à nouveau la chaleur de son foyer d’antan entre ses bras aimants. Le baiser qu’il reçut contre son cou, sans vraiment s’y être préparé, cette explosion de douceur, fit tressaillir son cœur de milles bonds, faillit le faire tomber à la renverse. Sa main se resserra autour de la fine taille d’Alexia. Il ne voulait plus la quitter, il était à des années de se douter d’à quel point il pourrait l’aimer… si rapidement. Le prince Rahal se rappelait ainsi de ses années de luxure, où on lui expliquait les femmes comme les plus beaux joyaux de la terre, qu’en posséder un seul, était comme posséder le sens de la beauté de la vie. Il posa un tendre regard sur la seule femme au monde qu’il désirait plus que tout tenir entre ses bras, contre son cœur, toute sa vie. « Où se trouve la beauté ? Dans les grandes choses qui, comme les autres, sont condamnées à mourir, ou bien dans les petites qui, sans prétendre à rien, savent incruster dans l’instant un germe d’infini ?»… Il prit la main d’Alexia dans la sienne et la porta à ses lèvres, y déposant un doux baiser, sans cesser de caresser son regard de ses pupilles brillantes. Il s’était ri de l’amour durant tant de temps, il s’était abandonné à des femmes dont la chaude poitrine n’était qu’un substitut de feu de bois, de quoi passer l’hiver. L’amour l’enserrait dans ses bras, pas rancunier pour le moins du monde, malgré tout le temps qu’il avait mi à croire en lui, l’amour, chaud de son essence, le faisait entrer dans la danse. Les pétales de fleur qui s’étaient posées sur son cou s’éloignèrent lentement, il lui sembla que son cœur était resté pendu à ces boutons de rose, et à son murmure hypocrite, il rit. Rit d’un rire masculin et tendre, éperdument amoureux, l’amusement d’un amoureux, de celui qui, heureux, regarde sa moitié dans les yeux, avant de rapprocher d’une main sur sa nuque ses lèvres des siennes. Le baiser fut comme des notes de piano frappées par le plus heureux et le plus fou des hommes, la musique de l’amour battait au rythme de leur cœur, qui n’était bien sur qu’un en cet instant, le sien contre celui de l’autre, à l’unisson. La valse de l’amour, enivrante, le fit tourner sur lui-même, Alexia dans ses bras, et inversa leurs positions. Dos au vide, contre la rambarde, Rahal mit doucement fin à ce long baiser tendrement échangé. C’était comme la réalisation de tant de mois d’attente, d’espérance, un feu d’artifice qui avait tellement longtemps chauffé, mi tant de temps à exploser. Il voulait le lui dire… mais sa voix se perdait au fond de sa gorge, le son était trop puissant pour sortir de ses lèvres, il est des choses que le silence peint mieux que la parole. Son regard se perdit parmi les fines ondulations châtains qui terminaient les longs cheveux d’Alexia, leurs reflets dorés ne lui donnaient qu’une envie : s’endormir contre le feu ronronnant de sa chevelure, et oublier la vie qu’il avait menée pendant tant de temps. Le repos lui avait toujours semblé d’un inutile réparateur, et aujourd’hui, la mort ne lui faisait plus peur. On n’a plus peur de mourir quand on comprend le véritable sens de sa vie. La finition, le parfait vient alors jusqu’à nous nous bercer de sa lucidité rassurante. « J’ai… pensé à toi chaque jour. » Cette même phrase, en dix sept ans de vie, il ne l’avait jamais encore prononcée. C’était comme un nouveau mot appris par un enfant, la découverte d’un nouveau sentiment : le manque d’Elle. En effet, maintenant que son sérieux de petit soldat effronté et sûr de tout ce qu’il entreprenait avait été mis de côté par la princesse de son cœur (XD la dédicace qui casse tout), il se sentait fébrile, il avait besoin d’elle comme jamais. C’est alors qu’il prit conscience de la situation. Un mercenaire au service du Seigneur des Ténèbres qui – ignorant qu’il était – avait déjà fait de sa vie un lent suicide, était en train de tomber amoureux d’une jeune élève de bonne famille du même âge que lui, qui le regardait de ses grands yeux noisette l’air de ne plus vouloir jamais le quitter. Ses yeux étaient grands ouverts, fixés contre le mur de pierre en face de lui, juste à côté du visage d’Alexia. Perdu dans ses prises de conscience. Sa vie à lui, était vouée à la solitude, il allait bientôt devoir se cacher tant ce « grand serbe au regard d’aigle » commençait à être connu parmi les opposants au Seigneur des Ténèbres. Ce gamin de dix sept ans était déjà connu pour être un grand méchant, un sang cœur, un enfoiré, un meurtrier. Cet orphelin qui avait choisi cette voie par un dédain proche du nihilisme du à la révolte de son jeune âge, c’était lui, le danger. Comment imposer une telle vie, un tel risque, à la jeune et douce Alexia, contre toute violence, contre toute attaque, celle qui ne lui inspirait que tendresse et bonté ? Tout arrêter ? C’était signer son arrêt de mort. Non, sa voie était tracée, il était l’aigle noir posé sur l’épaule de ceux qui savaient payer, un point c’est tout. Il se recula quelque peu, sentant contre lui l’étreinte inquiète d’Alexia qui se resserrait. Attendri, il prit ses deux mains dans les siennes et se recula, la regardant dans les yeux un moment, avant de poser ses mains contre ses joues de pêche. Il ne savait pas comment lui dire, comment lui raconter sans l’effrayer, lui expliquer sans la blesser. « Alexia… » Elle avait détourné le regard. Ne connaissait-elle que trop ces phrases interminables de lâcheté et d’explications superflues qui commençaient toutes pareil ? L’homme qu’il avait toujours été reprenait durement le dessus sur cet amour naissant qui lui avait fait fondre le cœur. Les hommes étaient ils donc tous ainsi ? Ils n’avaient le courage d’être cruels qu’une fois leur cœur effrayé réchauffé par la belle ? Il soupira. Pourquoi était-ce si difficile ? Il avait tué un père devant ses enfants, il avait soutenu sans ciller la mort de son camarade à ses pieds, il avait laissé ce corps adoré à ce serpent répugnant, et il n’arrivait pas à dire à celle qu’il aimait qu’ils ne pouvaient pas continuer à s’aimer ? « Alexia, tu sais à quel point je suis… heureux de te retrouver, à quel point… » Il la regarda, guettant comme un signe qui lui permettrait de continuer avec courage, mais la belle semblait trop vive, trop lucide, elle semblait savoir ce qui allait suivre, et son air buté de femme forte lui signifiait clairement que « ça ne se passerait pas comme ça ». Séduit, plus amoureux que jamais, il continua pourtant dans son erreur. « … tu me plais… mais… » Il inspira lentement, alors que le regard d’Alexia se leva lentement jusqu’à lui pour le détailler avec la froideur d’une femme qui aime, le cerner avec force, attendre fièrement de voir s’il aurait la stupidité de continuer. L’homme l’avait, sans aucun doute. « Nous n’allons pas continuer…ça. » Ca. Qu’était-ce que ‘ça’ ? Il se pensait assez seul au monde pour résumer leur amour à deux par un vulgaire ‘ça’ ? Se croyait-il seul dans le tourbillon de l’amour qui enserrait leurs cœurs ? Il sentit les joues douces de sa compagne s’éloigner de ses mains, et il releva sa tête d’aigle, son regard dur se posant sur ces yeux miels qu’il adulait comme son Dieu. « Je t’en pris, ne fais pas la… » Elle ne lui laissa pas finir sa phrase et lui lança un sifflement, un ‘ts’ qui l’enfonça six pieds sous terre. Il attrapa encore ses mains dans les siennes, mais elle se dégagea. « Alexia. » Avec force, il la maintient face à lui, l’enserrant dans ses bras, l’obligeant à le regarder. « Je ne suis pas celui que tu crois. » Il soupira. Que s’imaginait-elle ? Finir ses études avec ce grand Serpentard, charmant étudiant de dix sept ans, que leurs parents allaient se rencontrer pendant les vacances, qu’elle allait venir passer quelques jours dans son manoir, qu’ils allaient se fiancer et épingler leur photo dans un cadre en forme de cœur au dessus de la cheminée ? Les cicatrices sur le dessus de ses mains le brûlaient « Je suis… un tueur… » C’était tellement ridicule ! « J’ai déjà choisi ma voie et… je ne suis pas un garçon pour toi, la vie que j’ai choisi est trop dangereuse, elle est…mortelle. » Ca y est, Alexia redevenait la petite étudiante avec qui il sortait, la jeune fille qu’il fallait écarter d’un sentiment trop dangereux… Non, Rahal, c’était bien plus que ça. Tes explications ne tiennent pas la route, tu ne sais pas la renvoyer, si elle était comme les autres, tu lui aurais clairement fait comprendre, comme tu l’as toujours fait, que vous étiez incompatibles tous deux. Ce que tu dis, tes silences, tes hésitations, ne l’incitent qu’à une chose : se rapprocher encore de toi, s’attacher à toi, plonger avec toi, te suivre dans ta chute. C’est ce que tu cherches, inconsciemment, à l’avoir toujours près de toi, et tu ne t’en rends pas compte. Tu cherches à éloigner l’amour que tu as tout d’abord attaché à ton bras d’un fil incassable. Se pourrait-il que la mort soit le seul remède à tes douleurs, Rahal ? N’est-il pas vrai qu’au fond de toi, tu t’es déjà marié à Alexia, que tu donnerais ta vie pour elle, et elle la sienne pour toi ? Il caressa, impuissamment, la joue veloutée de la jeune femme étroitement serrée contre lui. La vie était la seule chose qui les empêchait de se comprendre, à cette heure là, ils avaient besoin du long repos de l’infini, l’éternité d’un instant de répit, la mort seule aurait pu, de son calme éternel et reposant, leur offrir tout le temps, le temps de s’aimer pleinement. | |||
| « La fin d'un début La naissance d'un paradis perdu » |
| Alexia Khez Messages postés : 248 ![]() |
Souvent, les meilleures choses arrivent lorsque l'on s'y attend le moins. Cette année-là, en débutant ses derniers mois à Poudlard, Alexia était bien loin de se douter de la rencontre qui allait bouleverser sa vie. Quand l'Amour vous saute au visage, on en a le souffle coupé. C'était aussi simple que cela. Elle était le genre de fille à avoir n'importe qui à ses pieds d'un simple battement de cils. Mais un soir, alors qu'elle était en train de buter dans la Salle Commune sur un devoir de Métamorphose, le voilà qui avait fait son entrée. Grand, beau, son aura de mystère et d'intelligence accrochant le regard des filles qui passaient par là. Mais au grand désarroi de toutes ces demoiselles, c'était à la jeune Grecque qu'il s'était adressé, jetant un rapide coup d'œil aux nombreuses boulettes de parchemin dans lesquelles elle était en train de se noyer. Elle avait mis sa fierté de côté, acceptant le fait qu'elle avait sans doute besoin d'aide pour ce devoir-ci. Or, aussi bizarre que cela pouvait paraître, au fur et à mesure que la voix de Rahal s'était élevée, lui expliquant calmement la transformation du sujet non-vivant en un sujet mobile, elle s'était peu à peu retrouvée en incapacité totale de réfléchir. Les yeux noirs et la voix veloutée du Serpentard, sa proximité, la chaleur qu'il dégageait, la réflexion posée qu'il lui exposait, l'avaient rendue muette pendant quelques secondes. Pourtant, l'or du regard d'Alexia affichait toujours clairement sa détermination. Elle était farouche; mais qui par Merlin était ce jeune homme qui l'avait su mettre au tapis en quelques instants seulement ? Mais ça, elle ne le savait toujours pas. Contre lui, elle se contentait simplement de vivre pleinement ces retrouvailles qu'elle n'espérait même plus. Les rêveries de ce genre, elle se les étaient bannies de son esprit. En vain, certainement, vu qu'elle avait rendez-vous avec Rahal tous les jours et toutes les secondes dans la moindre parcelle des méandres de ses pensées. Elle sentit les lèvres du jeune homme sur sa main, qui envoya à nouveau son oisillon se prendre de plein fouet les barreaux de sa cage qui devenait de plus en plus petite pour lui. Elle ferma les yeux, sa main resserrant les doigts du Serpentard. Du pouce, elle caressait doucement sa paume, lorsqu'elle sentit d'un coup un tressautement. Elle se recula légèrement, et écouta le rire éclatant de sincérité de son ami. Ce son semblait donner une note encore plus chaleureuse à l'atmosphère déjà pétillante de cette chaude après-midi. Comme si un peintre invisible était passé par là, il dessina habilement sur les lèvres de la jeune femme un sourire amusé, ses yeux déversant un flot de tendresse encore insoupçonné envers ce Prince tout droit sorti de son pays verdoyant. Et il fit alors ce qu'elle attendait avec délectation; il l'embrassa. Son cœur repartit dans une violente embardée, et il lui semblait même que l'oisillon était parvenu à briser l'un des barreaux et s'envoler haut dans le ciel, parmi les nuages, et qu'il chantait au soleil tout son amour. Elle redécouvrait la chaleur de ses lèvres si bien dessinées, la douceur de sa langue. Le baiser, au début doux et tendre, s'était transformé en une passion qui la dévorait. Haletante, jamais elle ne le quitterait. Aucun or du monde, aucune personne ne parviendrait à la faire quitter les bras du jeune homme. Ses doigts s'étaient glissés dans ses cheveux, la soie familière de l'ébène lui procurant un sentiment de chaleureuse familiarité. Sa paume quant à elle, était posée sur sa mâchoire carrée, alors qu'ils dansaient la valse des amants. Elle qui était dos à la balustrade s'était retrouvée face à l'étendue du paysage, Rahal ayant pris sa place. Pour atteindre ses lèvres, Alexia était obligée de relever la tête de quelques bons centimètres, mais un mal de cou était bien la dernière des choses pour laquelle elle se souciait, en ce moment. Elle tremblait de partout; bien moins maître de ses émotions que lui, tout son corps semblait s'être tendre de cet amour qu'elle redévoilait enfin, trop longtemps caché derrière d'innombrables voiles. Ce fut avec un déchirement au cœur qu'elle sentit le jeune homme se retirer. Elle tenta de reprendre le contrôle de ses sentiments, vainement. Le long regard qu'ils s'échangèrent ensuite la firent se sentir chavirer et la rassénerer en même temps. Ce Rahal avait décidément de la magie en lui pour pouvoir lui donner des sensations si paradoxales. Il était tellement différent des autres. Il n'était tout bonnement pas possible que deux Rahal Aberkane existaient dans ce monde, comme il était tout bonnement impossible qu'Alexia ne soit pas amoureuse de lui. Certaines choses étaient tellement évidentes que le simple fait d'en douter était un crime. Et c'est là qu'il prononça les mots. Cette voix qu'elle chérissait tant, avec la maladresse de celui qui n'a pas l'habitude de dire de telles choses, la fit serrer encore plus fort cette grande main masculine. Le sourire de la jeune fille ne l'avait pas quitté, et ses yeux semblèrent s'être allumés d'un milliard d'étincelles. Elle se rapprocha de lui, posa sa main gauche sur la rambarde de pierre. Un léger rouge lui était monté aux joues. Quelle était cette attitude ? Elle avait l'impression d'être une petite fille de onze ans à qui un garçon viendrait de lui offrir une marguerite. Rahal la bouleversait bien plus que ce qu'elle ne l'avouerait. Il allait au delà des mots, au delà de tout. Il était, et ce simple fait la faisait se sentir fiévreuse en plein beau temps. Et elle ne voulait absolument pas guérir de cette maladie. Moi aussi... Chacun de mes instants t'étais dédié. Cette phrase sonnait terriblement clichée. Mais elle était aussi terriblement vraie. Il n'était pas passé un seul instant sans qu'elle eut une pensée particulière pour ses amis; et surtout pour Rahal. Son ton hypocrite avait laissé place à toute sa sincérité. Se mettre à nue était une chose bien nouvelle pour la demoiselle, mais adresser ces mots à Rahal était bien moins dur que ce qu'elle s'était imaginé. Elle avait reporté ses yeux ambre sur lui. Un avenir tout neuf s'était dessiné à elle : tandis qu'elle serait devenue Chercheuse en Sortilèges et Mystères, Rahal se vouerait à un haut poste, pouvant mettre enfin toute son intelligence à profit, et avoir un panel de sorciers à sa disposition. Peut-être Ministre de la Magie, il changerait la face du monde. Les voilà touts deux, dans son esprit, puissants et respectés. Elle pouvait enfin donner un dernier coup de pied au idées tellement fermées de ses parents. La vie leur sourirait et... « Alexia... ». La voix grave du jeune homme l'interrompit dans ses pensées. Elle n'aimait pas son ton. Consciemment, elle se borna à regarder les élèves, bien plus bas, en évitant son regard. De là, ils dominaient tout Poudlard et Pré-au-Lard, comme s'ils régnaient sur leur domaine qui s'était dévoilé à eux. Elle tentait tant bien que mal de ne plus écouter, pour la première fois, l'homme qu'elle admirait tant. « Alexia, tu sais à quel point je suis… heureux de te retrouver, à quel point… ». Elle recula son buste de quelques centimètres. Elle n'allait pas aimer ce qu'il allait dire. Elle le sentait, tout l'être du Serpentard suintait de malaise. Elle se renferma un peu, n'ouvrant toujours pas la bouche. C'était dingue comme les petits élèves de Poudlard qui jouaient au « Niffleur et au Scroutt à Pétard » dans le parc lui semblaient intéressants, à ce moment-là. Mais les mots continuaient d'affluer à ses oreilles. « … tu me plais… mais… » . Quoi, il s'apprêtait à faire quoi là ? Elle le regarda, de ses yeux dorés qui avaient perdu leur tendresse. Elle croisa les bras, attendit. Son oisillon s'était écrasé au sol. Allait-il enfin dire cette bêtise qu'il s'apprêtait à faire ? Elle le croyait bien plus intelligent que cela. Il ne pouvait pas commettre une erreur aussi stupide. Et pourtant si. « Nous n’allons pas continuer…ça. ». Ça ??! C'était ainsi qu'il qualifiait la relation qui les reliait l'un à l'autre ?? Les autres vivaient des « ça ». Mais pas eux. Pas Rahal Aberkane et Alexia Khez. Eux, vivaient bien plus que « ça ». Cela allait au-delà. Avait-il peur de nommer leur relation, de mettre un nom sur ce qu'ils représentaient ? Etait-il de ceux qui fuient l'amour dès que celui-ci devient Amour ? Et comment ça, « nous n'allons pas continuer » ? Alors, il revenait comme ça, la caressait, l'embrassait, ravivait une flamme -un feu !- qu'elle avait tenté de commencer à oublier, et s'en allait ?! Faisait-il parti de ces hommes qui se croient au-dessus de tout ? Non, il n'était pas comme cela. Elle le savait. Mais elle était déterminée à savoir ce qui clochait. « Je t’en prie, ne fais pas la… » Tsss. Alors là, c'était la meilleure ! C'était elle qui « faisait la... » alors que lui venait de lui balancer un « nous n'allons pas continuer "ça" » en pleine figure ?! Elle sentit les douces mains du jeune homme attraper les siennes, mais elle se dégagea de cette étreinte, avait reculé d'un pas. S'il pensait qu'il allait pouvoir s'en sortir si facilement... Mais c'était trop vite pensé : il l'enserra bien de ses bras, si bien qu'elle n'avait pas d'autres choix que replonger dans ce regard sombre qu'elle aimait tant. Cette fois-ci, ce fut comme une torture. Et elle ne démordait pas dans sa froideur. « Je ne suis pas celui que tu crois. ». Alexia ne put s'empêcher de hausser un sourcil. Tiens donc... ! Et qu'était-il au juste, alors ? Un Mangemort au service du Mage Noir ? Pff, pathétique. S'il voulait juste donner de faux espoirs à la demoiselle, il n'avait qu'à le dire. Cependant, ce qu'il dit la scia totalement. « Je suis… un tueur… J’ai déjà choisi ma voie et… je ne suis pas un garçon pour toi, la vie que j’ai choisi est trop dangereuse, elle est… mortelle. ». Elle tituba légèrement comme si elle avait reçu un violent coup au ventre, et elle fut bien heureuse, sur le coup, qu'il fut en train de l'enserrer de ses grands bras. Elle déglutit, cligna des yeux. Le monde autour d'elle semblait s'être subitement évaporé, ainsi que cet avenir bien trop optimiste qu'elle s'était déjà tracé. « Meurtrier », « déjà choisi ma voie », « je ne suis pas un garçon pour toi », ces mots la tuaient aussi puissamment que des avada kedavras lancés en sa direction. Sa respiration coupée, elle tremblait à nouveau. Pas pour la même raison, cette fois. Il n'y avait bien que Rahal pour la faire se sentir comme cela en quelques minutes... Meurtrier, disait-il ? Au service de qui ? Même si au fond d'elle-même, elle le savait très bien. Elle essayait juste de ne pas penser à cette -très possible- éventualité. Pas Lui, pas le Lord. Elle baissa la tête, porta sa main à son front et sa massa un instant. Quelle que soit la cause -ou la personne- pour laquelle Rahal tuait, elle devait se montrer parfaitement reine de la situation. Pas question de le quitter, qu'il disparaisse à nouveau dans l'inconnu, et de revivre dans des souvenirs tous les jours. Tu me prends pour qui, au juste ? Une poupée de porcelaine ? Malgré son ton qu'elle se voulait maîtrisé et froid, elle ne voulait pas pour autant se dégager des bras de Rahal. Je suis aussi une meurtière... Enfin, je suis sensée l'être, très bientôt. Cette simple phrase brisa quelquechose en elle. Ses convictions d'une vie, toutes ses certitudes, tous ses principes... s'écroulèrent en cet instant. Et entre ses principes et Rahal, le choix -difficile, certes- lui était comme une évidence. Elle voyait d'ici les mines réjouies de ses parents. Alors la vie dangereuse ne me fait pas peur. « Surtout quand je suis avec toi », aurait-elle envie de dire. Mais pour le moment, elle était bien trop concentrée à paraître tout à fait maîtresse d'elle-même. Sinon, elle allait s'effondrer en larmes sur les vieilles dalles de cette Tour d'Astronomie. Le soleil avait maintenant teinté tout Poudlard d'un léger rose. De la barbapapa flottait haut dans un dégradé qui tendait vers le violacé. La Nature les narguait-elle ? Le Prince et la Princesse qui règneraient sur les environs depuis cette Tour haut placée dans le ciel, dans l'imaginaire d'Alexia, s'envolaient définitivement, maintenant. Peut-être régneraient-il en paix dans les cieux -les vrais ? | |||
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